Mobilier de cuisine des années 50 et horloge

Mobilier de cuisine des années 50 et horloge


Une horloge intégrée dans un meuble ça ne vous dit rien ? Ou plutôt si, vous imaginez bien de quoi il s'agit, mais ces meubles datent plutôt du XVIII. Et bien vous avez raison, à cette époque, pour que l'heure soit partout dans la maison, on a vu apparaître des meubles qui intégraient une horloge. Il s'agissait de magnifiques réalisations d'arts, dans lesquelles horloge et mobilier semblaient ne faire qu'un. Mais très vite ; dès le XIX ces meubles exceptionnels ont commencé à disparaître, laissant plutôt place aux horloges à poser. Alors de quoi parle-t-on ? Et bien d'un tout autre registre de meubles. Des meubles totalement lissent qui adoptent des courbes bombées, sans dorures ni sculptures d'ébénisterie. Du mobilier qui est né dans les années 50.

Buffet Mado

C'est en quelque sorte, l’ancêtre de la cuisine équipée, ici nommé le meuble Mado.
Il n'est pas rare d'entendre que ce meuble date des années 30. Mais en fouillant les archives des magazines de meuble de ces années glorieuses, aucune trace du buffet.
C'est en 1949, année qui met à l'honneur les designs bombés, que l'on trouve les premiers buffets deux corps de salle à mangé qui empreinte certaines lignes à celui que l'on surnomme aujourd'hui le buffet Mado.

Mais les premiers buffets Mado apparaissent dans les pages du catalogue des "Galeries Barbes" ainsi que dans les pages du Lévitan.
À partir de cette date, une multitude de modèles vont être créés pour correspondre aux attentes de chaque ménage.
Ils peuvent intégrer de nombreuses fonctions en plus des espaces tiroirs et rangement, telles que :
  • des tiroirs à épices;
  • une panière à pain;
  • une planche à découper;
  • un rouleau à pâtisserie.
  • un thermomètre,
  • ou encore la fameuse minuterie ou horloge.

Tous ces éléments font partie intégrante du meuble. C'est ainsi qu'il finissent par séduire les ménages et qu'on les retrouve dans beaucoup de maisons.
Mais à y regarder de plus près, on remarque que le terme de buffet Mado n'est pas utilisé à l'époque.

 

La marque Mado : exemple de médiacratie

La marque Mado est en effet un bel exemple de médiacratie.

Précisons que la médiacratie est une expression récente qui désigne le pouvoir que peuvent exercer les médias au sein de la société, soulignant son influence et le plaçant comme un 4ème pouvoir face aux 3 pouvoirs étatiques. Les pouvoirs étatiques étant le pouvoir :

  • Judiciaire
  • Exécutif
  • Législatif

Si l'on analyse les premières apparitions des buffets dits Mado sur les catalogues des « Galeries Barbes » et « Lévitan », on remarque qu'aucune mention de cette marque n'est faite.

Page du catalogue de meubles Lévitan

 

En analysant de plus près la page Lévitan, on peut noter qu'elle met en parallèle 2 types de meubles de cuisine.
Les buffets blancs laqués et bombés qui font l'objet de cet article et les meubles de cuisine Comera.
Les premiers comme nous l'avons vu intègrent de nombreuses fonctionnalités et les modèles sont variés.
Les meubles COMERA, quant à eux, sont constitués de différents éléments qui se superposent et se juxtaposent sans aucun montage préalable, grâce à la simple mise en place et au serrage d'une patte de fixation au dos. C'est Marcel Gascoin, un ébéniste et créateur de mobilier, qui crée, en 1945, la marque COMERA pour COmpagnie de MEuble RAtionnels.

Quand à la marque Mado les anecdotes sont nombreuses.

  • Certains disent que son nom vient du magasin de l’ébéniste qui se serait lancé, le premier, dans une fabrication de nombreux exemplaires à partir d’un même modèle, à savoir « Maison Dominique ».
  • D'autres racontent que ce terme est un dérivé du mot moderne et qu'à l'époque il soulignait la modernité de ses buffets.


Cependant, lorsque l'on regarde l'apparition des premières occurrences du terme « Buffet MADO » sur la toile, c'est seulement en mars 2009 qu'elles font leur apparition.
On le retrouve notamment sur le blog de jeunes bricoleurs qui avance cette marque, ainsi que la date de 1930, etc.
Le nom sera ensuite repris dans les commentaires d'un magazine international signant ainsi sa renommée.
Les gens à s'intéresser à ce meuble peu coûteux qui une fois relooker fait ravage sont de plus en plus nombreux. Le terme et ainsi de plus en plus utilisé. À tel pour qu'il finit par vraiment coller à la peau de se meuble comme s'il avait toujours existé.
Voici un bel exemple de l'influence des médias.


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