Histoire du disque vinyle

Nombreux sont les amateurs de musique, qui affirment qu’il y a quelque chose dans l'écoute d'un album vinyle qui ne peut être imité. Nous vivons à l'ère du streaming par abonnement, où l'accès à toute la musique du monde est à portée de clic. Il existe toujours un mouvement croissant d'amateurs de musique qui rechignent à la qualité audio de tout ce qui n'est pas un vinyle tournant sur un tourne-disque finement calibré.

Ces dernières années, le monde occidental a vu le retour grandissant des disques vinyle. Mais aussi des horloges déco en vinyle ou tout autre objet de décoration qui utilise ces petits disques ronds. Les labels indépendants, dont certains n'avaient pas encore cessé de presser des vinyles, ont profité de cette tendance pour relancer une nouvelle ère de services de pressage de vinyles à court terme. De nouvelles usines de fabrication de vinyle apparaissent et pour répondre à la demande croissante, d'autres remettent en service des presses à disques de l'époque soviétique.

Mais d'où vient le disque vinyle ?

Les années Edison-Scott

En 1857, un brillant inventeur français du nom d'Edouard-Leon Scott crée un appareil appelé phonographe. Il utilisait un stylo vibrant pour représenter graphiquement les sons, sur de petits disques de papier. Cet appareil fut initialement créé pour permettre d’analyser et de mieux comprendre les caractéristiques du son.
En 1878, Thomas Edison décide de s’appuyer sur cette invention pour créer une machine capable de reproduire les sons qu'elle enregistre. L'appareil utilise un stylet conçu pour découper des sillons sonores sur des cylindres et des disques en papier d'aluminium.

Phonautographe

Phonautographe du musée Teylers ( Haarlem)

Le Gramophone

En 1867, l'inventeur américain d'origine allemande Emile Berliner a breveté le tout premier tourne-disque vinyle - le Gramophone. Un appareil qu’il faut actionner manuellement à 70 tours/minute pour lire des disques en caoutchouc, avec de petites rainures latérales, d'une taille de 7 pouces.

Gramophone

Gramophone inspiré du modèle d'Emile Berliner

Le label ROUGE ou Record Seal

Au cours des 13 années suivantes, les disques vinyle vont subir une série de modifications de matières et de formatage. En 1901, la Victor Company lance sa ligne Red Seal,

Il s’agit avant tout d’une stratégie marketing, qui consiste à marquer d'une étiquette rouge distinctive les disques de qualité supérieure fabriqués par des artistes reconnus. L’agence de la Gramophone Company à Saint-Pétersbourg, en Russie, publie ainsi les premiers disques "Gramophone Record Red Seal" en 1901. Plus tard, en 1902, la pratique est  adoptée par le siège social au Royaume-Uni, qui utilisera le terme de "Red Labels". En 1903, c’est au tour de la filiale américaine, qui baptisera ce label : « Victor Talking Machine Company ». Ces disques et ce label vont connaître un grand succès.

En 1929, la Radio Corporation of America achète la Victor Talking Machine Company, qui devient ensuite RCA Victor et, plus tard,  RCA Records.

En 1931, RCA Victor lance  le premier disque vinyle à lecture longue disponible dans le commerce. Son disque est alors révolutionnaire : pressés sur un disque en plastique souple de 30 cm de diamètre, ils offrent  une durée de lecture d'environ dix minutes par face (ils sont lus en 33 1⁄3 tours/minute). Cependant le RCA Victor est un échec commercial. C’est sûrement dû à son arrivée trop précoce sur un marché où les équipements de lectures sont encore à un prix prohibitif. Ces disques seront abandonnés en 1933.

Capable de lire des disques vinyle sous forme de disques 78 tours de 10 pouces. En termes de formatage, le format 78 tours s'est avéré être le plus performant pendant les 47 années suivantes.

Lecteur de vinyle Red Seal

En 1948, Peter Carl Goldmark  crée le premier disque Long Play (appelé le LP) au monde. Il s’agit de disques qui comportent un nombre suffisant de titres pour constituer un album. Ce disque vinyle a une capacité d'environ 21 minutes par face et mesure  12 pouces de large, jouant à une vitesse de 33 1/3 RPM. Cela révolutionne l'industrie de la musique, qui va passer au format centré sur l'album qui est encore aujourd’hui cher à de nombreux mélomanes.

Peu après, RCA Victor lance son propre LP, qui tourne à 45 tours par minute et mesure seulement 7 pouces de large. Ces formats de disques sont déjà ceux que nous utilisons aujourd'hui.

 

Le format vinyle est encore largement salué comme un must en matière de qualité sonore et de plaisir d'écoute. De nombreux concurrents sont venus et repartis, mais les disques ont subi l'épreuve du temps comme aucun autre. Ce disque a fait rêver et fait encore rêver de nombreuses générations, c'est pourquoi il continue à être plébiscité et est décliné en de nombreux objets de décoration comme l'horloge.